18 février 2026

Mes chers compatriotes, mes frères et mes sœurs,

Aujourd'hui, quelque chose d'inhabituel et de profondément beau se produit sur notre terre.

Ce matin, des millions de chrétiens ivoiriens reçoivent les cendres sur le front, marquant le début du Carême — quarante jours de recueillement, de pénitence et d'espérance vers Pâques. Ce jour également, nos frères et sœurs musulmans entament le Ramadan, ce mois sacré de jeûne, de prière et de don de soi, en attendant la joie de l'Aïd.

Ce n'est pas un hasard du calendrier. C'est un signe. Un signe que Dieu nous rappelle en même temps, à tous, que l'essentiel n'est pas ce que nous mangeons, mais ce que nous sommes. Que se priver de soi-même pendant quelques heures ou quelques semaines, c'est se purifier, se rapprocher de Dieu et apprendre à se souvenir des autres toute une vie.

La Côte d'Ivoire a connu des heures sombres où nos croyances ont été utilisées pourdresser des frères contre des frères. Nous avons payé ce mensonge au prix du sang. Mais notre vérité profonde, c'est que nous sommes un pays où le musulman et le chrétien vivent dans la même cour, partagent le même repas, pleurent aux mêmes funérailles et rient aux mêmes mariages.

Ce 18 février 2026 est une date rare. Elle ne reviendra pas de sitôt. Que le jeûne du musulman soit une prière silencieuse pour son voisin chrétien. Que le recueillement du chrétien soit une pensée fraternelle pour son voisin musulman. Et que tous deux retrouvent, dans leur discipline spirituelle, cette Côte d'Ivoire que nous aimons : unie, réconciliée, debout.

À mes frères et sœurs musulmans : Ramadan Mubarak. À mes frères et sœurs chrétiens : bon et saint Carême. Et à tous les Ivoiriens : gardons confiance. Notre pays mérite que nous soyons unis et debout.

Guillaume Kigbafori Soro