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Depuis plusieurs années, l’influence de la France en Afrique subsaharienne connaît un recul significatif. Ce processus, long et complexe, est le fruit d’une combinaison de facteurs historiques, économiques, politiques et géopolitiques. Parmi les figures clés de cette évolution, le rôle d’Alassane Ouattara est souvent cité comme un élément central dans les débats.
Une relation particulière avec la France
Alassane Ouattara est un allié stratégique de la France en Afrique de l’Ouest. Cet ancien cadre au Fonds monétaire international (FMI) a construit sa carrière dans des cercles occidentaux avant de devenir Président en 2011, à la suite d’une crise post-électorale violente. Son accession au pouvoir a été largement soutenue par la communauté internationale, notamment par la France, qui est intervenue militairement pour déloger Laurent Gbagbo, son prédécesseur. Cette vérité, même si elle n’est pas reconnue aujourd’hui par le porte-parole du Gouvernement Amadou Coulibaly qui disait qu’il n’avait aucune souvenance d’un combat que la France avait mené pour la Côte d’Ivoire, reste implacable.
Cette relation étroite entre Alassane Ouattara et la France a suscité des critiques dans son propre pays et ailleurs en Afrique, où certains y voyaient un symbole de la « Françafrique », ce système controversé d’influence et de dépendance mutuelle entre Paris et ses anciennes colonies. Cette proximité a encouragé une montée en puissance de sentiments anti-français dans la région.
L’échec du modèle Ouattara ?
Sous la présidence d’Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire a connu une croissance économique à grands renforts de publicité, mais celle-ci s’est accompagnée d’une concentration des richesses pour un clan et d’un sentiment croissant d’injustice sociale. La richesse pour eux, la pauvreté pour le reste. Pour beaucoup, ce modèle économique, souvent perçu comme étant dicté par des institutions financières internationales et soutenu par des partenaires étrangers, dont la France, n’a pas répondu aux attentes des populations locales. Ce sentiment a contribué à alimenter le rejet des politiques considérées comme « néocoloniales ». En plus, la France si prompte par le passé à formuler des critiques souvent acerbes contre le régime ivoirien précédent, a totalement fermé les yeux sur toutes les nombreuses dérives du pouvoir Ouattara.
Sa gestion autoritaire, marquée par des modifications constitutionnelles controversées pour briguer un troisième mandat en 2020, a terni son image de démocrate qu’il n’a finalement jamais été, et exacerbé les tensions politiques dans la sous-région. Ces crises internes ont affaibli la légitimité de la France, perçue comme un soutien inconditionnel à un régime contesté. Le « Tazarché » de Ouattara en 2020, « Tazarché » qui signifie en Hausa « continuité », qui a été soutenu par Emmanuel Macron, marque le début de l’accélération du fort sentiment anti-français et la grande dégringolade.
Aussi, l’attitude de la France face aux coups d'État militaires ou civils comme en Côte d’Ivoire ou en Afrique soulève-t-elle souvent des débats, car elle est marquée par une approche à géométrie variable comme si la France au gré de ses intérêts, condamnait ou adoubait les putschs souvent avec à la clé, les populations laissées pour compte, sacrifiées sur l’autel de contrats juteux et autres profits économiques.
La montée du sentiment anti-français en Afrique de l’Ouest
Les populations africaines, notamment les jeunes, expriment de plus en plus un désir de souveraineté et de rupture avec les anciennes puissances coloniales. Ce sentiment est particulièrement fort dans les pays où la France était restée militairement présente, comme au Mali, au Burkina Faso, au Niger ou encore au Tchad.
En Côte d’Ivoire, bien que la situation ne soit pas aussi explosive que dans ces pays, l’influence française est également remise en question. Le rôle d’Alassane Ouattara dans le maintien de cette influence est vu par certains comme une trahison des aspirations souverainistes des Africains. Ce paradoxe, un leader africain proche de la France, mais dont les actions alimentent indirectement un rejet de cette dernière, illustre la complexité du problème.
ADO, un acteur clé dans un processus plus large
Si Alassane Ouattara ne peut être tenu pour seul responsable du départ progressif de la France d’Afrique, son rôle dans la dynamique actuelle est indéniable. Sa gouvernance, perçue comme alignée sur les intérêts occidentaux, a alimenté le ressentiment populaire et fragilisé l’image de la France. Paradoxalement, en cherchant à préserver cette relation, il a contribué à accélérer son délitement.
Le départ de la France d’Afrique résulte cependant d’un ensemble complexe de facteurs, allant des erreurs stratégiques de Paris à l’émergence de nouvelles puissances globales. Alassane Ouattara incarne simplement une des nombreuses contradictions d’une relation qui touche aujourd’hui ses limites.
𝗞𝗮𝗱𝗲𝗿 𝗗𝗜𝗔𝗥𝗥𝗔𝗦𝗦𝗢𝗨𝗕𝗔
