Ce vendredi 26 juillet marque le 5eanniversaire de la création par Guillaume Soro et ses compagnons de Générations et peuples solidaires (GPS). Au-delà de la réjouissance qui pourrait entourer cet anniversaire, cette date marque surtout cinq années de courage et de résilience de l’ancien président de l’Assemblée nationale, des autres membres-fondateurs de GPS et de tous les Ivoiriens qui croient en l’avenir du mouvement et qui œuvrent chaque jour à son rayonnement.

Car, au regard de l’hostilité à lui opposé par le régime du président Alassane Ouattara, n’eût été la vision de son leader et la détermination de ses cadres et adhérents, GPS n’aurait fait que l’effet d’un feu de paille sur l’échiquier politique national. « Jamais dans l’histoire contemporaine de notre pays, un mouvement politique fut aussi férocement réprimé que GPS. Notre jeune mouvement, à peine né, a été confronté de façon brutale à une répression dont l’objectif clair était de l’empêcher de se déployer comme il se doit.

Le 23 décembre 2019, en effet, cinq mois seulement après la naissance de notre mouvement, et alors que déjà les arrestations et le harcèlement avaient commencé, des harcèlements qui avaient déjà conduits à des assassinats de nos adhérents et sympathisants à Korhogo et à Abobo, la répression atteindra un autre palier », a rappelé à juste titre l’ancien président de l’Assemblée nationale et leader du mouvement, en juin 2022, à l’occasion d’une réunion en visio-conférence de la Commission d’orientation et de coordination (COC) de GPS.

« Mon vol de retour après une tournée africaine et européenne de sept mois a été empêché d’atterrir à Abidjan, contraignant ainsi le pilote à dérouter l’appareil pour sauver sa vie et celle de ses passagers. Et depuis 3 ans, je suis contraint à l’exil avec plusieurs cadres du mouvement et certains de mes proches. Ce jour-là, qui sera retenu dans nos mémoires comme la "Journée Noire de GPS", plusieurs d’entre vous ont été arrêtés, battus, incarcérés puis libérés pour certains. Bien d’autres croupissent encore en prison. De plus, une mesure inique de dissolution a été, injustement prise à l’encontre de notre mouvement, entravant ainsi le déroulement normal de nos activités sur le terrain. La terreur, la répression, la vaste campagne d’intimidation et de diabolisation menées contre notre mouvement ont affectée la mise en place des principaux organes de GPS. Depuis sa création donc, GPS vit pratiquement comme en état de siège. Une situation surréaliste voulue et créée par un homme, qui par son expérience et son passé, devait comprendre que les menaces n’abattent pas une cause. Qu’on peut emprisonner des hommes, mais qu’on ne peut emprisonner une idée. Qu’on peut assassiner des hommes, mais qu’on ne peut assassiner l’espérance », a ajouté l’ancien Premier ministre ivoirien, dont le crime, est d’avoir refusé d’adhérer forcément au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), obéissant ainsi à la volonté du président Alassane Ouattara.

Dans cette ambiance plus délétère, plusieurs cadres du mouvement et non des moindres, n’ont pas cherché loin. Ils ont préféré prendre la tangente, en abandonnant GPS à son sort.

Ancien secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), Guillaume Soro, pour sauver le mouvement, a redistribué rapidement les cartes, en créant notamment une délégation nationale de GPS, confiée essentiellement à des femmes et une autre délégation en charge de la diaspora.

Avec abnégation, les deux organes, pour ne citer qu’eux, ont assuré l’animation de GPS, lui évitant ainsi d’une mort programmée par le régime du président Alassane Ouattara. C’est pourquoi, à l’occasion de la réunion de la COC de GPS, en juin 2022, l’ancien chef de gouvernement, que ses disciples ont affublé du surnom de "leader générationnel" n’a pas manqué de saluer à la fois la résilience et la détermination des cadres et simples militants du mouvement.

« Chacun usant de son ingéniosité et de sa capacité d’innovation, vous avez continué à faire vivre notre mouvement et à faire avancer le navire GPS, certes lentement mais bien sûrement. C’est le lieu pour moi de vous saluer tous et de vous féliciter pour toutes les actions que vous avez menées et dont je suis parfaitement informé. Ce sont elles qui donnent à notre mouvement sa vivacité, confondant ainsi ceux qui pariaient sur son éviction de la scène politique nationale. Là où beaucoup avaient parié la mort de notre mouvement suite à tous les coups funestes qui lui ont été portés, vous, vous avez parié sur sa survie. Avec abnégation, courage et sens de l’engagement politique, vous avez su maintenir le cap pour que GPS continue de claironner dans le concert des grandes formations politiques en Côte d’Ivoire », a relevé depuis son lieu d’exil l’ex-député de Ferké, qui, à l’occasion de cette adresse, loin d’afficher un visage de résignation, sonnait plutôt la remobilisation des militants de son mouvement, pour poursuivre plus résolus la bataille.

Ceux qui ont parié sur la mort politique de l’ancien chef du Parlement ivoirien, lourdement condamné en Côte d’Ivoire, sont donc amené à revoir leur pronostic. Depuis lors, le président de GPS a enclenché la remise sur pied de son appareil politique.

Après avoir réussi le pari de fusionner la pléthore de partis et mouvements qui gravitaient autour de GPS, en fin 2022, il a procédé au premier semestre de cette année 2023, à la création de nouveaux organes et à la nomination de nouveaux animateurs du mouvement, se projetant ainsi dans les prochaines échéances. Même si GPS a décidé de ne pas participer aux élections municipales et régionales du 2 septembre 2023, le temps de boucler sa réorganisation, il est clair que Guillaume Soro et son mouvement auront leur mot à dire lors de la prochaine présidentielle que le chef de l’Etat souhaite coupler avec l’élection des députés.

C’est donc pour occuper efficacement le terrain d’ici là, qu’en juin 2024, ont été nommés les délégués régionaux de GPS. Des nominations qui tiennent compte du redécoupage des délégations régionales, dans une ambiance favorable, manquée par la libération en février 2024 du vice-président du mouvement, Souleymane Kamaraté Koné.

« Un homme politique n'est jamais fini Vous voyez au Brésil, le cas de Lula. Soro reste populaire en Côte d'Ivoire. Son problème, c'est comment rentrer en Côte d'Ivoire. La lutte syndicale lui a permis de comprendre les mélancolies de l'engagement sur l'espace public. Je pense qu'il saura rebondir dans un cadre républicain et rassembler ses troupes », explique à juste titre le politologue et essayiste ivoirien, Geoffroy-Julien Kouao, dans un entretien accordé à Générations Nouvelles.

KO