Soumahoro Kando et Traoré Mamadou, deux cadres de GPS récemment jetés en prison. Et maintenant ? Les autorités ivoiriennes ne manquent pas d’occasion pour montrer leur détermination à faire dis- paraître Générations et Peuples Solidaires (GPS), mouvement citoyen fondé et présidé par Guillaume Soro.

Mais peuvent-elles vraiment faire disparaître ce mouvement ? Manifestement non. Car, une chose est d’utiliser la justice pour déclarer dissoute une association et l’empêcher de tenir des activités sur le territoire ivoirien, une autre est de faire disparaître chez les militants et sympathisants de cette association leur engagement et leur attachement à ladite association.

L’obsession des dirigeants à empêcher GPS d’exister signifie-t-elle qu’ils peuvent l’éteindre dans les cœurs et dans les esprits des Ivoiriens qui adhèrent à ce mouvement ? Assurément non. La preuve, voici des années que des militants et sympathisants sont arrêtés et jetés en prison pour leur fidélité à GPS et à son président Guillaume Soro, mais depuis cinq ans qu’est née cette organisation, ces activités ne se sont jamais arrêtées malgré cette répression.

Mercredi dernier, lors du jugement de Kando Soumahoro condamné à trois ans de prison dont un avec sursis pour avoir signé, au nom de GPS, une déclaration des partis d’opposition pour une élection présidentielle inclusive et transparente en 2025, les avocats de la défense se sont évertués à démontrer que le pourvoi en cassation est suspensif de la décision d’appel favorable à la dissolution de ce mouvement, mais ils n’ont pas été entendus par les juges.

C’est le contraire qui aurait d’ailleurs surpris, quand on sait que depuis 2019, l’objectif est de mettre fin à l’existence de cette structure. Sans jamais être cité à comparaitre, GPS a été déclaré dissout par les juges en marge du procès de plusieurs cadres arrêtés le 23 décembre 2019 suite au retour avorté de Guillaume Soro en Côte d’Ivoire.

Tout comme cette décision de dissolution, celle qui prive Kando Soumahoro de ses droits civiques pendant cinq an- nées, a surpris plus d’un. Mais là encore, l’objectif saute aux yeux. Il s’agit de dissuader désormais les cadres de GPS à poser des actes officiels au nom de ce mouvement, au risque de s’exposer à une incapacité à être électeur ou candidat à toute élection pendant des années.

Estimant que les cadres de GPS ne voudront pas être privés de la possibilité de se faire élire à des élections législatives ou territoriales, les penseurs de cette décision espèrent ainsi créer la peur chez les cadres du mouvement présidé par Guillaume Soro. Mais nos autorités sont-elles à leur première action d’intimidation de ce genre à l’endroit de Soro et de ses partisans ? Cela a-t-il mis fin aux activités de GPS ? Non. C’est donc peine perdue.

Edito de Cissé Sindou dans Générations Nouvelles du 26 Aout 2024