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● Chers membres de la Commission d’Orientation et de Coordination,
● Chers compagnons de lutte,
● Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de vous adresser, en ce jour crucial, mes salutations fraternelles et ma profonde reconnaissance pour votre présence engagée. En ces heures sombres de notre Histoire, votre détermination est notre plus grande force.
Nous sommes réunis ce mercredi 30 avril 2025 à un tournant décisif de notre destin collectif. Ce moment engage non seulement notre Mouvement, Générations et Peuples Solidaires (GPS), mais toute la démocratie ivoirienne.
La situation nationale est gravissime.
Par une dérive autoritaire assumée, quatre grandes figures de l’opposition ivoirienne, représentant près de trois quarts de l’électorat national, ont été arbitrairement radiées des listes électorales : Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Tidjane Thiam et moi-même. Peut-on encore parler d’élection dans un pays où l’on choisit ses adversaires comme on choisit des figurants ?
Je le dis solennellement ici : je n’accepterai jamais cette exclusion. Pas tant que je vivrai. Ce régime a choisi l’injustice comme méthode, l’arbitraire comme politique, la peur comme stratégie. Nous, nous avons choisi la résistance, la dignité et la fidélité au peuple.
Depuis les combats héroïques de nos aînés pour la liberté, jamais notre peuple n’a plié devant l’injustice. Héritiers de leur courage et de leur dignité, il ne saurait être question pour nous de reculer aujourd’hui devant l’arbitraire.
Oui, c’est une honte immense, une blessure profonde, de constater que celui pour qui j’ai donné les plus belles années de ma vie, pour qu’il ne soit pas exclu, est aujourd’hui le promoteur acharné de l’exclusion politique.
Il fallait que je sois encore en vie pour voir cela. Car si j’étais tombé, comme tant d’autres qui ont sacrifié leur jeunesse, leur avenir, ou leur liberté pour la Côte d’Ivoire, je me serais retourné dans ma tombe. Désormais, le temps qu’il me reste sur la terre des hommes, je le consacrerai à combattre l’exclusion avec chaque parcelle de force que Dieu m’a donnée.
Peut-on construire la paix sur l’injustice ? Peut-on bâtir la réconciliation sur l’exclusion ? Peut-on prétendre à la stabilité en muselant la majorité du peuple ?
Non. Trois fois non.
Car, comme le disait Martin Luther King, "l'injustice commise quelque part est une menace pour la justice partout." Nous ne serons jamais les complices de l'injustice. Nous serons ses adversaires acharnés, jusqu'à la victoire.
Et je vous le dis: tant qu'il me restera une once d'énergie, je lutterai sans relâche contre l'injustice et l'arbitraire. Jamais je n'accepterai que l'oppression devienne la norme dans notre pays. Mon engagement est total, irréversible et irrévocable.
C’est pourquoi je vous ai réunis. Pour que nous affirmions une posture claire, un cap collectif, un refus déterminé. Pour que nous adoptions un plan d’action structuré contre cette forfaiture, et que nous entamions le processus de désignation de notre candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Car malgré les obstacles, GPS se prépare à répondre présent dans l’arène politique.
Mais avant de clore mon propos, permettez-moi une interpellation directe.
Je m’adresse à la communauté internationale, et en particulier à la CEDEAO, si prompte à condamner les régimes militaires mais étrangement silencieuse face aux coups d’État civils.
Où est la CEDEAO quand un président viole la Constitution, manipule la justice, exclut ses opposants et se prépare à briguer un quatrième mandat de fait ? Où est la vigilance ? Où sont les principes ?
Où est-elle, cette CEDEAO, lorsque Alassane Ouattara écarte méthodiquement toutes les voix crédibles de l’opposition, dans une stratégie de verrouillage absolu du pouvoir ? Faut-il attendre une flambée de violences pour réagir ? Faut-il du sang pour que les chancelleries se réveillent ?
La CEDEAO a une responsabilité historique : empêcher que la Côte d’Ivoire ne sombre à nouveau dans le chaos. Elle ne peut continuer à fermer les yeux sur les dérives de celui qui est aujourd’hui le prototype même du coup d’État institutionnel permanent.
Chers amis, chers camarades,
Notre devoir est triple :
1. Agir pour la réinscription des candidats injustement radiés, à commencer par votre serviteur ;
2. Mobiliser nos compatriotes de l’intérieur et de la diaspora, pour faire barrage à l’injustice ;
3. Préparer notre participation politique, sous toutes ses formes, avec méthode, discipline et détermination.
Nous n’aspirons qu’à la justice et à la liberté, mais nous refusons de plier devant l’arbitraire.
Nous cherchons la paix véritable, mais nous ne céderons pas à la soumission.
Nous voulons la réconciliation, mais pas au prix de l'humiliation.
Si nous devons affronter l’injustice au prix du sacrifice, nous le ferons, par fidélité à notre serment devant le peuple.
Je vous invite à aborder les travaux de ce jour avec gravité, lucidité et esprit de responsabilité. L’avenir de la Côte d’Ivoire libre et démocratique dépend de notre engagement sans faille à ce moment de bascule.
Je déclare ouverte la réunion de la Commission d’Orientation et de Coordination.
Je vous remercie.
Guillaume Kigbafori SORO
