À l’occasion de sa réunion hebdomadaire du samedi 19 juillet 2025, le Cadre Restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS) a procédé à l’analyse de l’actualité socio-politique internationale et nationale en portant un intérêt tout particulier aux points suivants :

De la crise à l’UEMOA

Le Cadre Restreint a examiné la situation qui a prévalu à l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) à l’occasion de la deuxième session ordinaire du Conseil des ministres des huit (8) pays membres qui s’est tenue le vendredi 11 juillet 2025 à Lomé au Togo. Cette deuxième session devrait, conformément aux textes qui régissent l’Union, renouveler les instances notamment, la présidence du Conseil des ministres. Cette présidence devrait, sur la base des dispositions de l’article 11 du traité de l’UEMOA qui consacre tous les deux ans la présidence tournante, revenir au Burkina Faso. Malheureusement, le consensus qui a prévalu depuis la création de l’institution monétaire, a subitement été mis à l’arrêt.

En effet, cinq pays membres ont exprimé leur réticence de voir la présidence de l’institution assurée par le Burkina Faso. L’une des raisons des points de désaccord évoqués est la garantie de convertibilité offerte par la France. En l’espèce, la situation nouvelle qui prévaut au Burkina Faso, le conduit à réduire non seulement les contacts avec la France, mais à décrier l’ingérence de celle-ci dans les questions monétaires ouest africaines. Deuxièmement, le Burkina Faso, est dans l’AES qui constitue une autre réalité et un défi pour les tenant de l’ordre colonial.

En définitive, ce refus entrainera le retrait du Burkina de la conférence qui se tenait et, par solidarité, des autres membres de l’Alliance des Etats du Sahel que sont le Mali et le Niger.

Avec ce nouveau développement, l’on va certainement encore vers un autre blocage de la sous-région ouest-africaine comme c’est le cas actuellement avec la CEDEAO, vouant ainsi à la perte plusieurs décennies d’efforts d’intégration.

Il convient de rappeler que la création de l’Union Monétaire en janvier 1994 à Dakar, vise à renforcer l’intégration régionale au-delà des problématiques purement économiques. Si la BCEAO créée en 1962, pour sa part se charge de la mise en œuvre des politiques monétaires, l’UEMOA quant à elle, participe à la définition des politiques publiques. L’on voit bien qu’il y a, au-delà de la volonté d’intégration, la bonne répartition des tâches au sein des structures financières et économiques dans la zone ouest africaine.

Générations et Peuples Solidaires (GPS) regrette cette escalade et dénonce toutes ces manœuvres qui ne peuvent que contribuer à la désintégration progressive des instruments communautaires au détriment des intérêts des peuples.

Générations et Peuples Solidaires (GPS) estime que malgré les mésententes actuelles avec les pays de l’AES, les chefs d’Etat de l’UEMOA auraient dû se saisir de leur participation à la session pour rebâtir la confiance et renouer le dialogue sur l’intérêt de préserver, en dépit des divergences, une vie harmonieuse entre les peuples de la sous-région ouest-africaines.

Du surendettement de la Côte d’Ivoire et les menaces sur les générations futures

Générations et Peuples Solidaires (GPS) exprime son inquiétude face à la dérive préoccupante de l’endettement public de la Côte d’Ivoire, dans un contexte où le pays consacre déjà jusqu’à 84 % de ses recettes budgétaires au seul service de la dette, selon les estimations du cabinet de notation ivoirien Bloomfield Investment.

Alors que la dette ivoirienne représente désormais près de 60 % du PIB national, le service de cette dette (intérêts et remboursement du capital) absorbe l’essentiel des ressources de l’État, réduisant considérablement sa capacité à investir dans des secteurs vitaux tels que l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes, l’agriculture ou encore la lutte contre la pauvreté.

L’émission récente, en avril 2025, d’un Samouraï Bond d’un montant de 180 milliards de FCFA sur le marché japonais, accroît le poids de la dette extérieure sans résoudre les déséquilibres structurels de l’économie ivoirienne. Ce nouvel emprunt vient s’ajouter aux nombreuses obligations déjà contractées sur les marchés européens et africains depuis plusieurs années.

Générations et Peuples Solidaires (GPS) rappelle que le recours systématique à l’endettement pour financer le fonctionnement de l’État ou maintenir artificiellement une image de croissance n’est pas viable à long terme. Il s’agit là d’un modèle de développement fondé sur la dette, qui reporte le coût de l’ambition politique sur les générations futures, déjà confrontées à une précarité croissante, à un chômage de masse et à un accès inégal aux services publics essentiels.

Le ratio de 84 % du service de la dette par rapport aux recettes budgétaires, bien au-delà des standards admis par l’UEMOA (20 %), signale une situation d’asphyxie financière latente. Ce déséquilibre fragilise la souveraineté budgétaire du pays, accroît sa dépendance aux bailleurs extérieurs et expose la Côte d’Ivoire à un risque de crise économique majeure en cas de choc externe (hausse des taux, baisse des exportations, instabilité géopolitique).

C’est pourquoi Générations et Peuples Solidaires (GPS) :

● met solennellement en garde contre la fuite en avant dans l’endettement extérieur, non encadré par une politique de remboursement soutenable et transparente ;

● appelle à un audit indépendant de la dette publique ivoirienne, pour évaluer la part réellement productive de ces emprunts et identifier les marges de correction ;

● demande la publication régulière des engagements financiers internationaux de l’État, dans un souci de transparence démocratique ;

● invite les autorités ivoiriennes à privilégier les investissements productifs, porteurs d’emplois durables et de valeur ajoutée nationale, plutôt que les opérations de prestige ou de communication à crédit ;

● exhorte à la responsabilité historique des gouvernants actuels, afin qu’ils n’hypothèquent pas l’avenir d’une nation au profit de calculs politiques à court terme.

Générations et Peuples Solidaires (GPS) réaffirme son attachement à un modèle économique juste, soutenable et inclusif, fondé sur la responsabilité budgétaire, la justice sociale et la préservation des intérêts des générations futures.

De l’arrestation et l’extradition d’un journaliste réfugié politique par la Côte d’Ivoire

Générations et Peuples Solidaires (GPS) exprime sa plus vive protestation à la suite de l’extradition, en date du 10 juillet 2025, du journaliste béninois Hugues Comlan Sossoukpè par les autorités ivoiriennes, vers son pays d’origine, en violation manifeste des engagements internationaux de la Côte d’Ivoire.

Réfugié politique dûment reconnu par le Togo depuis 2021, le journaliste Hugues Sossoukpè était protégé par les principes du droit d’asile, notamment le principe de non-refoulement énoncé dans la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, à laquelle la République de Côte d’Ivoire a officiellement souscrit. Ce principe interdit formellement de renvoyer un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté est menacée.

Les circonstances de cette extradition sont particulièrement troublantes : officiellement invité à Abidjan par les autorités ivoiriennes dans le cadre d’une mission professionnelle, M. Sossoukpè a été arrêté dans sa chambre d’hôtel, privé de toute procédure judiciaire régulière, puis livré dans la plus grande opacité aux autorités béninoises à bord d’un avion affrété pour l’occasion. Il est aujourd’hui incarcéré au Bénin sous des chefs d’accusation à connotation politique.

Cette extradition d’un individu couvert par une protection internationale, est d’autant plus paradoxale que la Côte d’Ivoire accueille sur son territoire de nombreux réfugiés politiques originaires notamment du Mali, du Niger et du Burkina Faso, poursuivis ou recherchés dans leurs pays d’origine pour tentative de déstabilisation et intelligence avec une puissance étrangère. Malgré l’insistance des autorités de ces États pour obtenir leur extradition, la Côte d’Ivoire s’est jusqu’ici refusée à les livrer, invoquant le respect du droit international et la préservation des principes de protection des exilés politiques. La livraison du journaliste Hugues Sossoukpè apparaît donc comme une décision sélective, incohérente et politiquement orientée, qui fragilise la crédibilité de la Côte d’Ivoire dans sa posture de garant du droit d’asile.

Générations et Peuples Solidaires (GPS) :

● condamne fermement la remise du journaliste Hugues Comlan Sossoukpè aux autorités béninoises ;

● interpelle les autorités ivoiriennes sur leur responsabilité morale, politique et juridique dans cette affaire ;

● appelle à une clarification immédiate de la position du gouvernement ivoirien sur le respect de la Convention de Genève et du principe de non-refoulement ;

● exprime sa solidarité avec toutes les organisations de défense des droits humains, en particulier Reporters Sans Frontières, qui dénoncent cette violation grave.

Générations et Peuples Solidaires (GPS) rappelle que le droit d’asile est un principe sacré de solidarité internationale, et qu’aucune logique de coopération bilatérale ou d’intérêt diplomatique ne saurait justifier sa trahison.

DE LA RÉPRESSION DES OPPOSANTS EN CÔTE D’IVOIRE

Le Cadre Restreint s’est inquiété du climat de terreur continue entretenu par le régime au pouvoir à l’orée des élections de 2025. En effet, celui-ci dans sa volonté de musellement de ses adversaires, a repris les interpellations et la mise sous contrôle judiciaire de plusieurs membres de l'opposition. C'est le cas récemment de la plupart des leaders de la jeunesse du PDCI-RDA qui se retrouve au Pôle Pénitentiaire d'Abidjan, ex-MACA, tandis que d’autres cadres de ce parti comme M. Bredoumy Soumaila, Porte-parole du parti et Dr Osman Chérif, par crainte de subir le même sort, se sont vus contraints de prendre le chemin de l'exil. De plus, la société civile n'est pas épargnée vu que Dr Boga Sako, Président honoraire de la FIDHOP, après avoir échappé à un enlèvement, s'est retrouvé en exil aux Etats Unis.

Certes, depuis 2019, Générations et Peuples Solidaires (GPS) fait l'objet de toutes les formes de répressions, mais par principe de solidarité et conformément à sa philosophie, il reste solidaire des autres partis face aux affres dictatoriaux du régime RHDP.

Au regard de cette situation délétère imposé par le pouvoir Ouattara, GPS appelle encore une fois l'opposition à l'unité pour faire barrage non seulement à cette forme de dictature, mais également, au quatrième mandat qui se profile à l'horizon. La Côte d'Ivoire ne peut plus s'offrir le luxe d'un recul démocratique après l'avènement du multipartisme et l'ensemble des crises que le pays a connus.

Générations et Peuples Solidaires (GPS) appelle les Ivoiriens, dans leur diversité, à se mobiliser pacifiquement pour l’avènement d’un État de droit, seul garant d’une tranquillité sociale pérenne.

Fait à Abidjan, le 22 juillet 2025.

Le Cadre Restreint de Générations et Peuples Solidaires (GPS).