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La dernière élection présidentielle au pays voisin du Ghana une fois de plus été d'une part source de fierté pour nous ouest-africains et d'autre part source de honte pour nous ivoiriens.

Le Ghana, fierté africaine et ouest-africaine

Quelle fierté pour tout africain que de constater que la démocratie, dans sa version la plus séduisante, n'est pas l'apanage des vieilles et grandes démocraties occidentales donneuses de leçons. Dans une Afrique dominée par la dictature, la guerre, l'instabilité chronique, la corruption endémique, il y a une Afrique, celle-là démocratique, pacifique, transparente qui contrebalance tous les clichés et donne à espérer d'un continent qui a la possibilité d'être meilleur. Et le Ghana, pays situé en Afrique de l’Ouest, fait partie de cette Afrique de la grande espérance.

Le Ghana, pas un cas isolé en Afrique de l’Ouest

Dans la sous-région ouest-africaine, le Ghana n'est pas un cas isolé. Nous citerons selon une appréciation personnelle de votre serviteur, dans l'ordre du mérite démocratique, les six pays modèles : Le Cap Vert, le Ghana, le Nigéria, le Liberia, le Bénin et le Sénégal. Ces pays ont développé une tradition d'alternance politique à travers l'exercice électoral, socle de la démocratie.

La Côte d’Ivoire, parmi les derniers de la classe

Si elle est sur le podium des économies les plus fortes en Afrique de l’Ouest, ce depuis plusieurs décennies, la Côte d'Ivoire par contre est à loger parmi les derniers de la classe en matière de démocratie. La faute au refus de transparence et d'ouverture des joutes électorales récurremment couronnées de dégâts matériels et humains considérables. Il s'y est ancré une tradition d'exclusion de la compétition électorale des adversaires politiques par le pouvoir politique en vue de la confiscation du pouvoir. Ce qui aboutit indubitablement à des coups d'État constitutionnels aussi condamnables et plus meurtriers que les coups d'État militaires. En la matière, quelle leçon la Côte d'Ivoire pourrait-elle donner à ses voisins ouest-africains que sont le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Guinée aujourd'hui sous transition militaire ?

La justice ivoirienne n'est pas en reste de la médiocrité démocratique. Esclavagisée par l'exécutif, elle en est devenue un appendice, un vil outil de répression contre les opposants politiques toujours persécutés, exilés ou jetés en prison.

Des juges "émasculés" et corrompus engendrant toujours une société corrompue, la Côte d'Ivoire a aujourd'hui la réputation d'être la plaque tournante dans la sous-région ouest-africaine voire en Afrique, du trafic de drogue et du blanchiment d'argent.

À l'approche d'octobre 2025, date de la prochaine élection présidentielle ivoirienne, tous les ingrédients (plus haut mentionnés) d'un énième braquage électoral sont perceptibles et avec, l'inquiétude grandissante des Ivoiriens d'être à nouveau victimes de la démon-cratie... pardon... de la démocratie à l'ivoirienne.

Par Jean-Pierre DOUBAHI