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𝗣𝗮𝗿 𝗞𝗮𝗱𝗲𝗿 𝗗𝗜𝗔𝗥𝗥𝗔𝗦𝗦𝗢𝗨𝗕𝗔

Il est des hommes qui, par la force des choses, sont placés devant l’histoire avec une chance unique d’écrire une page nouvelle, de rompre avec les erreurs du passé. Alassane Ouattara était de ceux-là. Il aurait pu être le visage de la réconciliation, de l’inclusion et de la démocratie en Côte d'Ivoire. Mais il a choisi d’être le prince de l’exclusion, le seigneur du déni, le grand architecte d’un pouvoir personnel qui piétine les fondamentaux de la République.

Hier victime, aujourd’hui bourreau puissance 1000, il est la démonstration vivante que l’oppression n’engendre pas toujours la sagesse, mais parfois une soif inextinguible de revanche. Celui qui fut exclu par la machinerie politique de l’ivoirité est devenu, avec une férocité inégalée, le grand inquisiteur d’une Côte d’Ivoire verrouillée.

Ouattara, le régent absolu d’un pouvoir confiscatoire

La Côte d’Ivoire n’a plus de président, elle a un régent. Un homme qui, sous des dehors policés et technocratiques, gouverne comme un potentat d’un autre siècle. Qu’importe la Constitution, qu’importe la volonté populaire : seul compte son désir insatiable de dominer, de choisir qui entre en scène et qui doit en être banni.

Derrière le rideau de la respectabilité internationale, Ouattara agit avec une brutalité implacable. Il a transformé les institutions en instruments de répression, la justice en arme d’exclusion, et l’État en une forteresse réservée à son clan. Les élections ne sont plus qu’une farce, une parodie où la mise en scène est soignée, mais où le résultat est écrit d’avance.

Son règne est celui de la peur. Opposants traqués, journalistes muselés, candidats disqualifiés sous des prétextes grossiers. Les procès politiques se succèdent, les condamnations pleuvent, les exils se multiplient. Derrière chaque discours convenu sur la démocratie et la stabilité, se cache une main de fer qui étouffe toute alternative.

La Côte d’Ivoire sous séquestre

Mais que veut Alassane Ouattara ? Ce pays est-il devenu sa propriété privée ? Un bien dont il peut disposer selon son bon vouloir ? Lorsqu’il modifie la Constitution pour s’offrir un troisième mandat, c’est un coup d’État qu’il orchestre en pleine lumière. Lorsqu’il façonne les institutions à son avantage, c’est une confiscation du pouvoir qui se joue sous nos yeux.

Les élections de 2020 furent une mascarade, un passage en force indécent, une insulte à la démocratie. Et aujourd’hui, l’histoire bégaie. Voilà l’homme qui, en 1995, 2000 et 2005, dénonçait avec fracas son exclusion du jeu politique, en train d’user des mêmes méthodes, avec une froideur méthodique et un mépris affiché pour toute alternance réelle.

Car le projet d’Alassane Ouattara est limpide : pérenniser son empire, verrouiller la succession, empêcher toute remise en question de son système. Il n’a pas peur de perdre une élection : il s’assure simplement que celles-ci n’aient pas lieu dans des conditions équitables. Ce n’est pas un dirigeant démocratique, c’est un seigneur de guerre en costume-cravate, qui avance masqué derrière les institutions qu’il a domestiquées.

Le syndrome du monarque vieillissant

Les dictateurs ont tous le même vice : ils ne savent pas partir. Ouattara ne fait pas exception. Après avoir promis qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, il s’est drapé dans une pirouette constitutionnelle pour se cramponner au pouvoir. Aujourd’hui encore, il se rêve faiseur de rois, choisissant lui-même qui lui succédera, comme si la Côte d’Ivoire était son domaine personnel, son héritage à transmettre.

Mais l’histoire est implacable. Tous les régimes inscrits dans la logique de la confiscation du pouvoir finissent par s’effondrer sous le poids de leurs propres abus. Et Ouattara ne fera pas exception. Il peut étouffer l’opposition, manipuler la Constitution, s’entourer d’une cour servile : un jour ou l’autre, le peuple reprendra ce qui lui appartient.

L’homme qui hier réclamait justice, s’est mué en fossoyeur de la démocratie. L’exclu est devenu le champion toutes catégories de l'exclusion. Mais la Côte d’Ivoire n’appartient ni à un homme, ni à un clan. Elle est et restera le bien commun des Ivoiriens, bien plus grande que les ambitions personnelles d’un président qui se voit éternel.